Emilie Gauthier : portrait d’une artiste bienveillante

Dans le cadre de notre thème du premier semestre, La Femme, nous nous sommes intéressés à tous ces artistes qui la représente dans leur travail. Après une exposition d’artistes locaux début novembre à l’IAE, nous sommes partis à la rencontre d’Emilie Gauthier, une jeune photographe blésoise.

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La naissance d’un travail de photographe

Le travail d’Emilie commence à ses 16 ans, lors de vacances à Cannes avec sa famille. Une exposition de photos avait été installée sur La Croisette et elle se souvient être restée bouche bée devant un cliché : “Je me suis dis que c’était vraiment très beau et que, moi aussi, j’avais envie de faire de la photo. Elle reste aujourd’hui une base de mon travail.” Ce déclic a ensuite provoqué de nombreuses recherches sur le portrait et la mise en scène. Les premières photos apparaissent par la suite : des natures mortes d’abord puis des débuts de mise en scène avec des amis. Mais, selon elle, son travail débute réellement à ses 18 ans. Elle accorde une importance nouvelle aux costumes, au maquillage et au lieu dans lequel elle shoote. Ce fût l’époque la plus prolifique pour Emilie. En 2013, la jeune photographe s’essaye à un autre style : la photographie de mariage. “C’était très stressant et ce n’était pas ce que je voulais faire. Le coeur de mon travail, c’est le portrait et la mise en scène.”. Par la suite, Emilie Gauthier va voyager et s’envoler vers la Nouvelle-Zélande. Elle y capture de magnifiques paysages mais laisse de côté le portrait. Aujourd’hui, elle reprend petit à petit son travail de portraitiste avec passion.

Si elle s’est orientée vers la photo, c’est en partie grâce à son enfance. “J’étais nulle en dessin et, comme mes frères sont plus vieux que moi, j’ai grandi souvent toute seule. Cela a vraiment développé mon imagination.”. La photographie est donc apparue comme le support parfait pour exprimer cette imagination. Elle lui a permise de mettre en scène tous ses rêves et histoires.

Photographe aux divers inspirations

A chaque artiste ses inspirations. Pour Emilie, ce sont beaucoup d’artistes féminins. “Cela a toujours été comme ça. Je suis souvent inspirée par le travail des femmes, mais cela n’a rien de volontaire.”. Elle cite des noms comme Sarah Moon, photographe de mode française, qui évolue dans un univers très sombre, rarement associé son industrie.

 

 

“Je suis une femme, donc mon premier matériel, c’est moi. Je réfléchis sur moi-même. Je marche à l’inspiration. Mon travail provient plus d’une pulsion que d’un choix réfléchi.” Si elle projette mieux le corps féminin pour ses oeuvres, elle n’en oublie pas moins la beauté du corps masculin et le travail d’autres artistes qui l’inspirent, comme Edward Steichen.

 

“J’essaye de capter ce qu’il y a de magique dans le réel”

Pour Emilie, le modèle est l’élément primordial de son travail. La relation doit être saine et bienveillante dès le début d’un shooting. “J’essaye de faire du bien à des personnes qui, comme moi, n’ont pas confiance en elles. Si je peux, le temps d’un instant, leur donner une image positive de leur corps, je suis heureuse.”.

Cette relation privilégiée avec le modèle a été d’autant plus importante dans sa série La Balade Onirique (ci-dessous). Complètement nus, les modèles posaient dans le noir, avant qu’une lumière passe sur leur corps. Si au début, la gêne se faisait sentir, ils semblaient de plus en plus à l’aise avec leur corps au fil du temps. “Le confort de mes modèles joue. Je veux que les gens se sentent bien, avec leur corps et leur image. Si ce n’est pas le cas, ça se ressent sur les photos.”. Cette série fait partie des préférées de la jeune photographe. Par ces clichés, elle a voulu montrer l’Homme, masculin et féminin, dans sa vulnérabilité. La Ballade Onirique est une série artistique, bienveillante avec “des figures que l’on pourrait croiser dans ses rêves.”

Série La Ballade Onirique

La place de la Femme dans son travail

Emilie l’explique bien : la Femme possède une place importante dans son travail, mais cela n’est pas forcément volontaire. Féministe et militante dans la vie, elle ne recherche cependant pas la revendication dans ses oeuvres. “Mes oeuvres ne représentent pas de femmes faibles, mais pas de femmes fortes non plus. Ce sont juste des femmes, représentées telles qu’elles sont vraiment. Je pourrais photographier des modèles correspondant à l’image que l’on se fait des femmes fortes, mais ça diminuerait mon message, non?”. Pour Emilie, les femmes fortes sont multiples. Elles n’ont pas de caractéristiques particulières. Ce sont des femmes du quotidien, qui méritent toutes d’être mises en lumière. “Je veux représenter les femmes quand elle se sentent bien, fortes, quand elles se trouvent belles. Je suis fière de mon côté féministe mais je ne veux pas que mon art le soit trop. Apposer un gros tampon rouge “féministe” sur une photo, c’est too much. Je veux rester subtile.”. Touchée par la beauté sous toutes ses formes, elle souhaite avant tout casser les idéaux de beauté. Ses différentes séries prouvent, avec humanité et sensibilité, que toutes les femmes sont belles malgré leurs complexes : “Elle peut faire du 46 ou avoir une toute petite poitrine. Cette femme est magnifique. Toutes les femmes sont belles et, si je peux les aider à comprendre ça, c’est génial”.

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