François Truffaut et l’art de la réflexivité

François Truffaut et l’art de la réfléxivité

François Truffaut en 1970, Pierre Zucca


Qui est François Truffaut ? Et qu’est-ce que la réflexivité au cinéma ? Aujourd’hui, on vous invite à découvrir (ou redécouvrir ?) ce réalisateur culte du cinéma français, si particulier.

François Truffaut en quelques mots

Critique de cinéma puis réalisateur, François Truffaut est l’un des représentants majeurs de la Nouvelle Vague. Apparue au début des années 60, cette tendance du cinéma français regroupe des jeunes cinéastes anticonformistes qui vont bousculer les règles très établies du cinéma français et permettre l’émergence du cinéma d´auteur. Les piliers de cette nouvelle tendance se nomment : François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol, Alain Resnais ou encore Jacques Demy.

Cinéaste autobiographique, François Truffaut met en scène des fragments de son histoire à travers ses œuvres, les scénarios, les dialogues et les personnages. C’est notamment le cas du personnage cinématographique de fiction « Antoine Doinel », interprété par Jean-Pierre Léaud, dans cinq de ses films : Les Quatre Cents Coups (1959), Antoine et Colette (1962), Baisers volés (1968), Domicile conjugal (1970), L’Amour en fuite (1979).

Acteur, François Truffaut apparaît face caméra dans plusieurs long-métrages. Il tient notamment le rôle principal dans L’Enfant sauvage (1970), La Nuit américaine (1973) ou encore La Chambre verte (1978), et apparaît en caméo* dans la plupart de ses autres films.

Influencé par Jean Renoir et Alfred Hitchcock, il empruntera d’ailleurs à ce dernier, le procédé dramatique d’une intrigue nouée autour d’une figure féminine. Les femmes sont d’ailleurs très présentes dans ses films et il collabore régulièrement avec les mêmes comédiennes, telles que Jeanne Moreau (Jules et Jim, La Mariée était en noir), Catherine Deneuve (La Sirène du Mississipi, Le Dernier métro), Nathalie Baye (La Nuit américaine, La Chambre verte) ou encore Fanny Ardant (La Femme d’à côté, Vivement dimanche !). 

Aujourd’hui encore, l’œuvre de ce réalisateur continue d’influencer des générations de cinéastes (comme Xavier Dolan), par ses films mais également ses écrits (notamment ses célèbres entretiens avec Alfred Hitchcock, devenus une référence). Plusieurs documentaires lui sont consacrés dont un tout récent « François Truffaut – Des films d’amour ! », disponible sur Arte.

 

De la réflexivité artistique à la « réflexivité truffaldienne »

Il existe quatre grands thèmes dans les films de Truffaut : l’enfant, l’écriture, l’amour et la réflexivité. Nous allons nous concentrer sur ce dernier, commençons tout de suite par le définir.

La réflexivité est l’art où dans l’œuvre, s’opère une réflexion sur la spécificité de cette œuvre. Prenons un exemple, dans « La vie secrète des écrivains », l’un des derniers livres de Guillaume Musso, le personnage principal est écrivain donc réflexif car l’œuvre est en l’occurrence, un livre. 

Ainsi, le réalisateur joue de la réflexivité artistique en incluant dans ses films, des scènes qui se déroulent au cinéma (Les Quatre Cents Coups, La femme d’à côté, La sirène du Mississipi), par des citations d’autres films comme ceux de Jean Renoir dans « Vivement Dimanche ! » mais également dans les dialogues prononcés qui font référence au cinéma « On va regarder la suite » « J’ai voulu faire ça au cinéma » (Vivement Dimanche !). 

Le film « La nuit Américaine » est une parfaite illustration de la réflexivité : le thème est un tournage d’un film dont le réalisateur est joué par le réalisateur lui-même : François Truffaut. Le spectateur découvre ce qu’est la réalisation d’un film, ainsi que les coulisses du monde du cinéma. On y retrouve également des répliques du type « Arrêtons tout ce cinéma ! ».

Au fil de ses œuvres, une nouvelle réflexivité s’est créée : la « réflexivité truffaldienne ». Composée des nombreux éléments autobiographiques du réalisateur, elle comprend également de nombreuses références et allusions à d’autres œuvres, et notamment et ses propres films. Par exemple, nous retrouvons des noms de personnages fictifs comme celui de « Massoulier » (Les Deux Anglaises Et Le Continent, Le Dernier Métro, Vivement Dimanche !) ou encore des numéros de chambre comme la « Chambre 813 » (La peau douce, Adèle H, Le dernier métro) qui reviennent au cours de sa filmographie.

Avec une maîtrise de la répétition et de la variation, du visible et de l’invisible, les films de Truffaut ont plusieurs lectures : résumable et symbolique. Plusieurs visionnages sont parfois nécessaires afin de déchiffrer les différentes interprétations dans ses films.

Pour en savoir plus

Visionnez cette vidéo qui présente le réalisateur François Truffaut en 9 minutes : https://www.youtube.com/watch?v=ejTjwyfLq9g&t=307s

  • Les douze films truffaldiens à streamer sur Netflix : Les Deux Anglaises et le Continent, La Femme d’à côté, La Peau douce, Le Dernier Métro, Les Quatre Cents Coups, Baisers volés, Tirez sur le pianiste, L’Amour en fuite, Jules et Jim, Vivement Dimanche ! Fahrenheit 451 et Domicile conjugal.

Caméo : terme qui désigne, dans le monde des images, l’apparition furtive d’un acteur ou de l’auteur ou réalisateur de l’œuvre ou encore d’une personnalité célèbre.

 


Sources :

François Truffaut, Wikipédia

Truffaut et ses doubles, Ombre Blanche

François Truffaut, Arte

François Truffaut en 9 minutes, Blow Up

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